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Éducation à l'Environnement
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V. DOSSIER PEDAGOGIQUE
Documents pour l'étude de quelques milieux naturels

LA FORÊT

Autrefois, la Gaule était recouverte de forêts... Actuellement, et bien que les problèmes du déboisement soient quelquefois assez graves, nombreuses sont les classes où l'on peut, au moins une ou deux fois dans l'année emmener les enfants dans une forêt, y organiser des grands jeux, des promenades, et aussi une étude précise et détaillée d'un milieu aussi riche et intéressant.

Émotion esthétique, joie de se dépenser physiquement, d'être à l'air pur, intérêt, pour la recherche et la découverte scientifiques : les enfants seront ravis de travailler sur le terrain.

I - UNE SORTIE EN FORÊT

Deux possibilités s'offrent au maître pour l'organisation du travail des enfants : ou bien on regarde et on note ce qu'on voit au cours d'un trajet repéré à l'avance par le maître, ou bien on décide de travailler selon la « méthode des carrés » : dans une partie de la forêt typique ou particulièrement intéressante, les enfants traceront un ou plusieurs carrés de 10 à 15 m de côté environ. On peut faire mesurer la longueur du côté du carré en nombre de pas — ou avec une unité arbitraire représentée par la longueur d'une ficelle, d'un bâton etc. Le travail de groupes est ici particulièrement souhaitable : par équipes de 4 à 6 environ, les enfants traceront « leur » carré, puis compareront leurs résultats avec ceux de l'équipe voisine. Si les différents groupes trouvent les mêmes résultats, ils seront très fiers de la précision de leur travail... Sinon, on pourra chercher si c'est la valeur scientifique du travail qui est en cause ou s'il y avait un changement significatif dans la forêt...

Cette observation en forêt peut être associée à des courses-orientation, des jeux, tout un travail d'éducation physique.

Quoi qu'il en soit, lorsque les enfants auront tracé un carré, ils pourront y observer :

Les plantes : celles qu'ils connaissent déjà, celles qu'ils peuvent déterminer (avec ou sans l'aide du maître).
— arbres
— arbustes
— herbes, mousses, éventuellement champignons
les animaux dont ils voient les traces et ceux qu'ils peuvent observer directement ; citons, parmi les plus fréquents :
— l'écureuil, les pics, les sitelles et grimpereaux pour ce qui concerne les mammifères et les oiseaux
— des insectes (géotrupe, joli coléoptère bleuté), chenilles diverses (chenilles processionnaires du chêne, chenille processionnaire du pin).
— (A ce sujet, on peut faire remarquer aux enfants tout ce qui a été mangé dans les feuilles des arbres ; dès le printemps les feuilles sont percées, rongées, dévorées : de 1/6 à 1/3 ou même plus de la moitié de leur surface peut ainsi avoir été détruite).

Sur ou sous les feuilles, on trouve des galles — excroissances de forme caractéristique constituées par la prolifération des tissus de la feuille autour de la ponte d'un insecte (hémiptère ou diptère).

En détachant l'écorce sur une souche ou sur un arbre déjà périssant, on pourra voir les curieuses galeries de petits insectes mangeurs de bois (petits coléoptères appelés bostriches). C'est eux que le pic déloge...

En observant toutes les plantes de la forêt les enfants découvriront que la forêt n'est pas une collection d'arbres mais tout un monde vivant.

Les végétaux s'y répartissent en strates :

Strate arborescente : les grands arbres

Strate arbustive : arbustes (noisetier cornouiller...)

Strate herbacée : herbes, fougères, etc.

Strate muscinale : mousses, champignons, lichens

Dans le sol : mycélium des champignons, bactéries, etc.

Deux strates ligneuses dominent, l'une arborescente, l'autre arbustive ; leur couvert crée un microclimat, (température, lumière, humidité) auquel sont adaptées la strate herbacée et la strate muscinale. Cette répartition en strates correspond à la meilleure utilisation de l'énergie solaire. De même dans le sol, les racines exploitent des niveaux différents, les racines des grands arbres descendant souvent très profondément pour atteindre la roche mère.

Ces associations de plantes forestières illustrent aussi une succession dans le temps des diverses phases de développement ; en association avec l'évolution du couvert forestier. La chênaie atlantique de nos régions est égayée au printemps quand le couvert de feuilles est encore peu dense, par une vague de floraison d'anémones « Sylvie » et de jacinthes. En été, lors de l'extension maximum des frondaisons, et après la floraison de la jacinthe, la fougère grand aigle développe ses larges frondes et recouvre le sol en peuplements étendus.

Cette succession de vagues de floraison ou de végétation s'observe encore plus nettement dans des forêts établies sur un sol frais et riche en éléments minéraux. Des plantes fleurissant au début du printemps sont caractérisées par un cycle biologique relativement court. La richesse du milieu permet à ces plantes d'accumuler pendant leur courte période de végétation des réserves alimentaires suffisantes pour le printemps suivant. Telle est par exemple la ficaire, qui, développant ses feuilles dès le mois de février-mars, est la première, avec l'anémone sylvie, à fleurir la forêt encore dégarnie. Puis se succèdent, sous les frondaisons de plus en plus abondantes, la primevère, la cardamine, la violette des bois. En été, lorsque le couvert forestier approche de sa plus grande densité, on voit fleurir le lamier jaune, puis les renoncules et les graminées forestières. Mais l'été est surtout pour la forêt, la saison où les plantes estivales développent au maximum leurs organes assimilateurs ; il en est ainsi du lamier jaune, de la mercuriale, du lierre.

LA COUPE D'UNE SOUCHE permet la merveilleuse observation des cernes annuels dans le bois.

La section d'un arbre montre deux parties, l'écorce et le bois. Entre les deux se trouve la zone par laquelle l'arbre s'accroît en épaisseur et qu'on appelle zone génératrice (ou cambium).

Les couches annuelles ou cernes sont bien individualisées (épaisseur quelques dixièmes de mm à quelques cm).

Le comptage des cernes indique le nombre d'années qui se sont écoulées entre le moment où l'arbre a atteint le niveau de la section considérée et le moment de la coupe. Il faut donc ajouter au nombre de cernes le temps approximatif mis par le jeune semis pour atteindre le niveau de la section.

Remarques :

a) II est souvent difficile d'apprécier les cernes au centre de l'arbre. Le comptage des cernes sur le même rayon peut être difficile. Il est souvent nécessaire de changer de rayon.

b) Structure du bois : cœur et aubier
A la partie extérieure le bois le plus récemment formé constitue l'aubier ; la sève y circule, puis peu à peu les vaisseaux s'obstruent, s'imprègnent de produits imputrescibles quelquefois colorés : tanins, résines. Ils constituent alors le bois de cœur, parfois plus coloré, toujours plus dur et plus résistant. Le bois de cœur est plus solide, plus résistant à la pourriture et aux insectes. Les débits commerciaux du chêne sont toujours « purgés d'aubier ».

Le cœur sert de support à l'arbre : il est donc utile bien que la sève n'y circule plus.

Quelquefois on observe des arbres encore bien vivants dont le cœur de « bois parfait » a pourri. Leur résistance à la tempête est très amoindrie.

En examinant l'épaisseur des cercles annuels, on peut se rendre compte de l'histoire de l'arbre : plus la croissance est active, plus les cernes sont larges. Dans un taillis jeune, les cernes sont très larges. Sur une souche de chêne en taillis sous futaie, on peut observer le cycle de coupe du taillis : tous les vingt-cinq ans, les cernes sont larges (années qui suivent immédiatement la coupe) puis de plus en plus étroits.

L'observation de la largeur des cernes annuels peut également donner des indications de climatologie : au cours des années pluvieuses les cernes formés sont plus larges que ceux qui correspondent à des années sèches.

Enfin, l'extrapolation des données relatives aux dernières années permet de prévoir l'accroissement en volume du peuplement d'arbres, ce qui est indispensable pour l'aménagement de la forêt.

II — L'EXPLOITATION DE LA SORTIE

De retour en classe, les enfants pourront trier, classer leurs récoltes, compléter leur documentation, construire les chaînes alimentaires relatives aux êtres vivants qu'ils ont réellement observés.

Ils pourront également réfléchir à l'histoire de la forêt française et aux rôles qu'elle peut jouer à l'heure actuelle, à la nécessité d'aménager et de protéger nos forêts.

A) Les chaînes alimentaires dans la forêt

L'énergie solaire est utilisée par les végétaux verts autotrophes organisés en diverses strates. Cette énorme masse de producteurs ligneux et herbacés sert de nourriture à des consommateurs de premier ordre représentés par les animaux herbivores, grands et petits mammifères : (cerf, chevreuil, sanglier, lapin, campagnol, écureuil) se nourrissent de feuillages, graminées, racines et bulbes, fruits et graines, oiseaux frugivores et granivores (ramier, geai, faisan), insectes se nourrissant de pollen et de nectar (bourdon, abeille) et jouant ainsi un rôle dans la fécondation des tilleuls, érables, merisiers, etc. insectes parasites ravageant les plantes de la strate herbacée et de la strate ligneuse (cynips, tordeuse verte, scolyte, vivant aux dépens respectivement, des feuilles, des bourgeons et de l'écorce d'une même essence forestière : le chêne).

Chaque espèce végétale héberge un nombre relativement élevé de consommateurs divers. Ceux-ci sont plus ou moins spécialisés dans leur nourriture. Certains sont soumis à une inféodation stricte, d'autres sont polyphages.

Dans l'ensemble de la communauté vivante, les insectes consommateurs ne constituent qu'une masse infime, mais qui peut néanmoins devenir très agissante.

Dans une communauté forestière en équilibre avec le milieu chacun des niveaux et même chacune des chaînes trophiques doit trouver sa stabilité grâce au jeu des effectifs en présence, se contrôlant mutuellement par action et par rétroaction. Les facteurs mal connus, qui assurent cet équilibre dynamique, correspondent essentiellement à des rapports de nourritures, de populations, de fluctuations et de rythmes de facteurs écologiques. Un déséquilibre dans le niveau de consommation donne lieu à des processus spectaculaires qui sont les pullulations de ravageurs.

Il arrive, pour des raisons obscures, qu'un consommateur accuse une poussée démographique brusque, très rapide. Le cas est fréquent chez les arthropodes qui ont un potentiel de multiplication généralement très élevé. Si l'un des mécanismes du contrôle démographique réciproque d'une chaîne trophique vient à être modifié, il se produit parfois un déséquilibre tel que le consommateur de matière végétale vivante se multiplie et pullule sans aucune retenue. D'imposantes masses de chenilles ravagent totalement le feuillage des forêts sur de vastes territoires. Aux heures d'essaimage, des nuages de lépidoptères ou d'hyménoptères s'élèvent au-dessus des frondaisons et se dispersent pour des pontes nouvelles dans les cantons environnants.

On peut se rendre compte, d'une façon grossière de la masse de feuilles consommées au cours de la période de végétation d'une communauté forestière en équilibre, par l'éclaircissement léger, mais net, des frondaisons d'une chênaie à charme. Chaque feuille est généralement entamée en l'un ou l'autre point. Au total la surface chlorophyllienne se réduit, mais dans une proportion qui ne semble pas dépasser le cinquième.

Dans les cas exceptionnels de défoliation totale faisant suite à une rupture d'équilibre, on peut affirmer que les consommateurs ont ingéré plusieurs tonnes de feuilles à l'hectare (jusqu'à 4 tonnes de poids sec et plus).

« Les herbivores sont consommés par un nombre réduit de carnivores de premier ordre ; le renard, la belette, la martre se nourrissent d'autres mammifères ; la taupe, la musaraigne, le pic et la fauvette sont insectivores.

Vu l'importance des insectes ravageurs dans le niveau de consommation, il est clair que les oiseaux insectivores ainsi que tout autre prédateur contrôlant la multiplication d'un arthropode, jouent un rôle de premier plan dans le maintien de l'équilibre biologique de la communauté forestière ».

Les carnivores de premier ordre sont eux-mêmes dévorés par quelques carnivores de deuxième ordre comme les rapaces nocturnes (hibou) et diurnes (buse, milan, épervier).

Parmi les chaînes trophiques les plus simples parcourant l'écosystème Forêt, on peut citer : la .chaîne cellulose (bois) — scolyte — pic ; la chaîne plantes vertes — lapin — renard ; la chaîne racines — larves d'insectes — musaraigne — hibou ; la chaîne fleurs — bourdon ou feuilles — hanneton — fauvette — rapace diurne — ixode. Les rapports trophiques sont généralement plus complexes, faisant intervenir un nombre considérable de végétaux et d'animaux de tous les niveaux, qui se contrôlent mutuellement ; un consommateur donné n'intervient généralement pas à un seul niveau dans une chaîne trophique, mais peut, suivant le spécificité de ses rapports alimentaires, contrôler à la fois plusieurs chaînes, de sorte que l'ensemble des liens alimentaires forme un réseau trophique très étendu.

La mort des producteurs (végétaux verts) et des consommateurs (animaux divers) entraîne le retour au sol d'une grande masse de matière organique constituant la litière. Celle-ci alimente une quantité considérable d'animaux saprophages appartenant aux groupes systématiques les plus divers : coléoptères (bousier, carabe, staphylin) et larves de coléoptères (scarabée), collemboles, protoures, japygides et campodéides (insectes aptères et décolorés, adaptés à la vie hypogée), myriapodes (scolopendre et géophile parmi les chilopodes, iule et glomeris parmi les diplopodes), acariens, nématodes et surtout lombricides, vers de terre dont la masse constitue l'essentiel de la pédofaune et est responsable de la formation du Mull, type d'humus caractéristique des bons sols forestiers.

L'action de cette faune consiste à décomposer la litière en produits organiques complexes (rôle principal du lombric), à leur tour utilisés par les champignons et bactéries du sol. Les « microbes » du sol produisent des composés minéraux simples, qui seront repris ainsi par les plantes pour l'édification de leur matière vivante.

B) L'histoire de la forêt française — la nécessité de « l'aménagement » de la forêt...

Contrairement à ce que l'on pense quelquefois la forêt française n'est pas un milieu « naturel », c'est un milieu artificiel où l'homme travaille depuis des siècles...

La forêt ne pousse pas toute seule sauf dans certaines zones de montagne vraiment inaccessibles dans quelques régions des Alpes (Derborence en Suisse par exemple) ou des Pyrénées... donc inexploitables... Et dans ce cas, la forêt est impénétrable, entrecoupée d'arbres morts, hostile. Les belles futaies de hêtres, le taillis sous futaie dans les chênaies-charmaies sont des forêts cultivées par l'homme...

La forêt, au Moyen Age couvrait encore 70% du territoire français, et était composée pour une grande majorité de chênaie-charmaies, avec des tilleuls, des ormes, des érables, et des résineux en montagne. Cette forêt était naturelle, correspondant à ce que l'on appelle un climax, stade ultime d'évolution et d'équilibre entre le sol, le climat et la végétation. Poussant toute seule et sans nul besoin de l"homme, la forêt dite vierge ou plutôt naturelle est variée dans ses essences, les milieux et la faune qu'elle accueille ; elle est ni hostile ni impénétrable, comme le promeneur ou le naturaliste peuvent le constater dans les peuplements qui s'en rapprochent encore, notamment la célèbre forêt de Bialoweza, en Pologne, ou plus près de nous certaines forêts de Croatie ou d'Allemagne. Elles sont riches en bois mort, debout ou couché, un élément très important pour l'équilibre biologique. En France, où ces forêts sont devenues très rares, les chercheurs demandent la création de grandes réserves intégrales où la nature pourra librement se développer : l'ONF a ainsi programmé quelques grandes forêts "naturelles", en plaine comme en montagne. De même, dans les forêts exploitées, il est indispensable de conserver des arbres morts, à cavités, des vieux arbres, du bois mort à terre, des milieux associés, comme les landes ou les mares, ainsi qu' un mélange aussi important que possible d'espèces d'arbres, et de varier les modes de traitements : futaies régulières mais aussi irrégulières, pour que les forêts soient en équilibre biologique et puissent résister à des accidents climatiques ou biologiques"

Alain PERSUY
technicien supérieur forestier et naturaliste

Cette note complète le document initial (note du Webmestre)
Janvier 2006

Bien sûr, l'homme utilise les lois de la nature : les espèces forestières ont des exigences précises et on ne peut faire pousser n'importe quel type d'arbres n'importe où. Mais l'homme cherche à infléchir les équilibres naturels pour obtenir soit l'environnement esthétique jugé le plus beau, soit la production de bois la plus rentable.

Certains équilibres sont artificiels et proviennent de plantations... Il y a deux siècles, par exemple, la forêt de Fontainebleau ne s'étendait que sur 6 000 ha. Elle en compte actuellement 17 000 en forêt domaniale.

Cette extension a pu se faire dans certains cas naturellement, par évolution de la lande en forêt de bouleaux puis en chênaie-charmaie mais dans la plupart des cas, l'homme a effectué des plantations... Ces arbres arrivent à maturité en même temps... Il faut donc les couper pour permettre la régénération de la forêt.

Après une coupe à ras, les rejets grandissent et vont former le taillis : les essences demeurent... mais les souches peuvent s'épuiser et dans le taillis sous futaie on maintient des arbres de réserve qui assureront « la relève ».

Tenant compte des lois de la nature, le forestier connaît les exigences des différences espèces :
— besoin de lumière,
— exigences par rapport à la nature du sol.

Le chêne par exemple est une essence de lumière ; le jeune chêne se développe mal sous le couvert des autres arbres et ne pousse bien qu'en clairière. Pour obtenir la régénération d'une chênaie, il faut faire des coupes.

Le hêtre, lui, est une essence d'ombre. Sous le couvert un jeune hêtre se développe plus vite que le chêne : une hêtraie peut succéder à une chênaie. Le charme préfère un « juste milieu », mi-ombre, mi-lumière, et, se développant bien sous le couvert, peut empêcher la croissance de jeunes hêtres.

Le sapin est également une essence d'ombre. Bien sûr, ces différences d'exigence de lumière ne concernent que les arbres en croissance.

A l'âge adulte les arbres ont besoin de recevoir la lumière solaire directe, et dans le cas des conifères, par exemple, les parties de branches proches du tronc et qui ne reçoivent pas suffisamment de lumière ne portent pas d'aiguilles...

Les différentes espèces d'arbres n'ont pas au cours de leur croissance les mêmes « besoins » de lumière.

De même, la nature du sol qui permet le meilleur développement varie selon les essences.

Le pin Douglas, très employé en ce moment est un bel arbre à croissance rapide qui se développe bien sur un humus pas trop acide. Il est « calcifuge » : les sols calcaires ne lui conviennent pas et sur sol calcaire, il jaunit se « chlorose ». Cet arbre a un enracinement superficiel : s'il y a trop de vent les arbres se couchent. De même, si la nappe phréatique est superficielle et le terrain trop humide, les racines pourriront...

Le pin Sylvestre, parvient à pousser sur sols calcaires mais prend des formes rabougries.

Le pin noir d'Autriche, par contre, pousse très bien sur sol calcaire.

D'après la végétation, on peut connaître la nature du sol.

L'étude de l'aménagement, de la « culture » et de l'entretien de la forêt conduit tout naturellement les enfants à s'interroger sur son rôle, ou plutôt sur les rôles multiples qu'elle assure.

C) Les rôles de la forêt

1) rôle économique : la production de bois : le taillis fournit le bois de chauffage, la futaie le bois d'œuvre. Matière première très utilisée dans la construction, même dans les bâtiments modernes, matière première essentielle dans l'industrie du meuble et capitale aussi dans celle du papier, le bois a une importance économique considérable. Le nombre de personnes qui travaillent à partir des produits du bois peut être évalué à 450 000 ou 600 000, selon que l'on inclut ou non les travailleurs de l'industrie du papier.

Le chiffre d'affaires des industries du bois est supérieur à celui de l'industrie automobile en France... (à la date de ce document : 1973 - note du webmestre)

2) rôle de la forêt dans le maintien des équilibres.
a) en ce qui concerne le sol, la forêt joue un rôle de protection extrêmement important :
— les racines retiennent la terre ;
— le feuillage « amortit » la pluie, les gouttes d'eau arrivent au sol avec une énergie beaucoup plus faible ;
— racines et humus augmentent le pouvoir de rétention des sols ;
— l'humus, la mousse jouent le rôle d'une « éponge » qui retient l'eau et limitent le ruissellement.

La forêt accueille également de nombreux milieux naturels associés, comme les mares, les tourbières, les landes, les pelouses, les ruisseaux, qui participent à l'équilibre biologique et sont indispensables à la biodiversité, sans laquelle une forêt même productive n'est pas en bonne santé. De même, les espèces animales et végétales aident la forêt à vivre, les oiseaux par exemple consommant des insectes , propageant les graines ; les insectes utiles contrôlant les insectes déprédateurs, etc. Si l'exploitation de la forêt est nécessaire pour l"homme, le bois étant le plus écologique des matériaux, il ne faut pas oublier que la forêt est un écosystème, à respecter, surtout lorsque l'avenir, avec le réchauffement climatique, est un peu inquiétant

Alain PERSUY
technicien supérieur forestier et naturaliste

Cette note complète le document initial (note du Webmestre)
Janvier 2006

L'aspect du sol après les déboisements montre à l'évidence ce rôle de la forêt, et certains paysages (vallée de la Haute Durance, par exemple) ne sont plus constitués que par la roche mère mise à nu par le ruissellement et le vent.

L'évolution de la roche nue en un sol meuble et fertile demande des millénaires (apparition des lichens, implantation des mousses, puis formation d'une lande). La destruction d'un sol à la suite d'un déboisement ou d'un, incendie de forêt peut se faire en quelques années à peine...

En montagne, la forêt est également une protection contre les avalanches : chaque arbre est un piquet qui cloue le tapis de neige au sol. Certains problèmes d'avalanches sont liés à des déboisements malheureux.

b) En ce qui concerne le climat et les caractères physico-chimiques du milieu, les forêts coupent le vent, interviennent dans le cycle de l'eau (transpiration très importante au niveau des feuilles) ainsi que dans l'absorption du gaz carbonique et de la production d'oxygène.

3) au point de vue social et humain la forêt offre à l'homme la possibilité de retrouver la nature, le calme, le recueillement, le repos. L'importance des forêts, centres de loisirs dans les zones périurbaines, est évidente pour tous...

D) Comment protéger la forêt

Les enfants découvriront avec l'aide du maître le code du promeneur dans la forêt...

A ce point de vue, il est important de ne pas limiter les règles énoncées à des interdits :
— ne pas saccager,
— ne pas arracher,
— ne pas polluer,
mais de chercher aussi à aboutir à une véritable compréhension de ce qu'est la forêt.

L'éducation des enfants par rapport aux dangers des feux de forêts est capitale, il n'est jamais trop tôt pour faire réfléchir nos élèves :
— aux dangers d'un mégot jeté, ou d'une allumette, sur des brindilles sèches (même lancé sur le bord de la route à partir d'une voiture) ;
— au rôle de lentille que peut jouer un tesson de bouteille recevant directement le soleil, etc.

La revue « Loisirs et Nature » a publié dans son numéro de juin 73 un code de la conduite en forêt.

On pourra analyser avec les enfants l'importance d'une protection « efficace » de la forêt :
— les dispositifs de lutte contre l'incendie.
— l'organisation de la lutte biologique, contre les ravageurs de la forêt :
— en Corse, destruction de la chenille processionnaire du pin par son ennemi le Bacillus thuringensis.

Code « loisirs et nature » de la conduite en forêt

1. Ne provoque pas d'incendies. Si tu es obligé d'allumer un feu (lors d'un « camp ») entoure-toi de deux précautions plutôt qu'une.

2. Garde en ton sac ou enfouis avec soin bouteilles vides, boîtes de conserves, emballages et plastiques (ce dernier matériau ne se détruit pas dans le sol : évite d'en laisser en forêt).

3. Prends soin des sources d'eau.

4. Respecte les jeunes plantations et les arbres de la forêt.

5. Ne blesse pas un arbre en gravant des dessins, etc. sur son écorce.

6. Admire et étudie sur place les plantes et les fleurs mais laisse-les soigneusement dans leur milieu naturel : permets que d'autres puissent en jouir après toi.

7. Respecte les nids ou les couvées. Écarte-toi des jeunes faons, ne les caresse pas car leur mère risque de ne plus les accepter par la suite.

8. Ne recueille pas un jeune faon sous prétexte qu'il est « abandonné », souvent la mère n'est pas loin. Ne cours pas après les animaux sauvages.

9. Le silence en forêt doit être ta règle d'or. Apprends à écouter les bruits de la forêt sans y amener ceux de la civilisation (transistors etc.)


10. Si tu es chasseur-photographe souviens-toi que l'intérêt de l'animal prime celui de la photo. Ne fais pas fuir les couveuses, ne dérange pas les nids. Si tu approches un cerf, « décroche » sans effrayer l'animal que d'autres puissent l'admirer après toi.

Le Fonds Forestier National organise, en relation avec les Ecoles Normales (aujourd'hui I.U.F.M. - note du webmestre) des conférences et des visites de forêts à l'intention des normaliens et des instituteurs en stage de formation continuée. S'adresser aux responsables forestiers locaux ou au Fonds Forestier National, Ministère de l'Agriculture à Paris ou à la Direction départementale de l'Agriculture, dans chaque département.

III — Un texte que les enfants pourront analyser :

« Une forêt entre ses gérants et ses amis ».
Le Monde du 27 juin 73

Sauver Compiègne
Par Jean Rambaud

La forêt n'est plus zone de silence. Autour d'elle retentissent le bruit et la fureur de polémiques passionnées. En gros — en très gros — deux camps s'affrontent : celui des amis de la nature et celui des gérants de la forêt.

Même si « environnement » est devenu l'un des maîtres mots de ce temps, même si « écologie » est prononcé depuis peu par le grand public, le conflit n'est pas neuf. Vers 1550, il opposait lyriquement Ronsard aux « exploitants » de la forêt de Gâtine (« Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras »). En 1851, l'abbé Challet protestait, lui, en des termes plus réalistes qu'on pourrait dater de 1973 : « Les eaux et forêts sont en train de couper les derniers beaux arbres de la forêt de Villers-Cotterêts pour faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. » Du poète à l'abbé, apparaissent déjà dans cette affaire « simple » au moins deux niveaux : le « sentiment de la nature » et celui des gros sous. Mais à pénétrer sur le terrain on en découvre d'autres. Dans cette guerre déclarée, il y a de nobles batailles d'idées — « les plus rudes », selon Rimbaud — et des pugilats où traînent des coups bas. On entend parler pour les uns d'intérêts de propriétaires, pour les autres de primes (au rendement), de promotions, voire de décorations « aux plus féroces abatteurs d'arbres ».

Mais quelques affaires médiocres ne font pas le débat, déjà bien assez complexe. Car l'affrontement simple n'a pas tardé à se subdiviser en se spécialisant. A l'accusation primitive « l'O.N.F. massacre les forêts pour en faire de l'argent », la réponse était : « Au contraire, grâce à l'action de l'O.N.F., la forêt demeure vivante et se développe » (1). Les affirmations n'ont convaincu personne. Aujourd'hui, par degrés successifs, l'affaire a souvent pris l'allure d'une bataille d'experts autour de deux méthodes de régénération de la forêt : l'une dite artificielle, l'autre naturelle (la méthode artificielle entraîne l'abattage de tous les arbres d'un secteur donné, la préparation du sol — jusqu'au défonçage éventuellement, — puis la mise en place de jeunes plants ou de semis nouveaux. La méthode naturelle recueille sur place — sur un sol également préparé mais non perturbé — les graines produites par les arbres environnants. Cela n'exclut pas l'abattage des « sujets » trop vieux ou simplement gênants).

---

(1) Évolution de la .surface de la forêt française : 8 millions d'hectares en 1820, 11 millions en 1920, 14 millions aujourd'hui (1973).

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Deux super nuits passées (à 70 ans !) dans la cabane aux sorcières dans les arbres de l'éco-site Oasis Bellecombe avec la surprise de la neige au réveil ! A découvrir, en compagnie de Michel votre hôte passionné, par les amoureux de la nature et de sa conservation (accueil aussi en yourte, tipi, roulotte ou votre tente)

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Dernière mise à jour du site le 07/02/2017
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