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| | Les sansouires*, terme issu du provençal "sansouïro*", sont des milieux
humides camarguais qui trouvent leur équivalent dans les zones deltaïques du
monde entier. Mais les manades* de chevaux et de taureaux qui leur sont
associées traditionnellement en ont fait une des caractéristiques de Camargue.
Ce sont des terres basses limoneuses*, dont la salinité et la durée de
submersion déterminent le couvert végétai. La densité de ce dernier conditionne
la présence d'une avifaune* plus ou moins importante.

Camargue : saladelle en fleur
Les sansouires à faible couvert végétal
Dans les sansouires les plus salées, (plus de 5 g/I de sel), la salicorne à gros
épis (Arthronemum glaucum), seul végétal dominant, occupe de 20 à 30 % de
la surface. Le sol affleure sur le reste de la surface, et s'assèche totalement
en été. Il se craquelle alors, dessinant un réticulum couvert de sel
cristallisé. Les troupeaux de taureaux ou de chevaux qui s'y reposent,
contribuent à réduire la végétation par leur piétinement. Ces espaces de
chaume estival (repos en provençal) sont appelés chaumadous. De par
le faible couvert végétal, les sansouires salées sont zoologiquement pauvres. La
faune est constituée d'oiseaux nicheurs peu nombreux : gravelots à collier
interrompu, alouettes des champs, oecnidèmes criards... En hiver, la mise en eau
favorise l'apparition des canards et des échassiers. Les sangliers, s'ils
traversent souvent la sansouire, ne s'y attardent pas. Très visibles, ils sont
alors trop exposés aux fusils des chasseurs.
Les enganes*
En bordure des étangs ou des marais doux, la salinité plus faible (moins de 5
g/I de sel), permet un recouvrement végétal très dense que l'on nomme les
enganes* . Ce sont des surfaces quasi impénétrables, peuplées en majorité de
salicorne ligneuse (Salicornia fruticasa). On y trouve aussi, ça et là,
quelques autres espèces comme l'arroche pourprière, l'inule ou la saladelle.
Dans cette végétation plus diverse et plus tranquille, les oiseaux nicheurs sont
plus nombreux à trouver refuge : fauvettes à lunettes, alouettes des champs,
bergeronnettes printanières, cochevis, vanneaux... On y rencontre aussi des
échassiers comme les glaréoles.
De nombreux aménagements hydrauliques ou
culturaux, effectués les 20 dernières années, ont provoqué la régression en
surface des sansouires. Elles ne représentent plus que 14 000 hectares confinés
pour leur grande partie dans et autour de la Réserve Nationale de Camargue.

Camargue :
sansouire craquelée sous l'effet de la sécheresse
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